Silvia Medina : une ancienne du master à Taiwan

Que fait une semilienne à Taipei ? Que pourrait amener une de nos anciennes si loin de nos régions ibérique et latino-américaine ? Découvrez notre interview avec Silvia Medina, ancienne étudiante du master et diplômée de la promotion 2006-2007. Cinq questions pour nous raconter son expérience à Taipei, où elle habite actuellement et où elle exerce son activité professionnelle en tant que professeure des langues et assistante de recherche du Centre d’Etudes d’Amérique Latine à l’Université de Technologie de Chihlee.

Pourquoi avoir choisi ce Master ?

Quand j’ai choisi ce Master, j’avais déjà fait une première année de Master de Sciences- Politiques à l’Université Paris II Panthéon-Assas. Cependant, moi et mes camarades de la même génération, nous nous sommes retrouvés tous au milieu de la réforme LMD en France. Dans cette étape de transition, pour pouvoir obtenir le diplôme de Master (2 années), on devait donc postuler pour la deuxième année, soit dans la même école ou dans une école différente, pour pouvoir faire valoir la première année.

J’ai postulé à ce programme, car l’idée d’apprendre le portugais m’intéressait beaucoup, et l’idée de pouvoir approfondir mes connaissances sur la région ibérique et latino-américaine d’où je suis originaire, m’a fait penser à des opportunités futures pour des projets de coopération à long ou moyen terme, entre ces deux régions

Quelles sont les compétences que vous avez pu développer lors du Master ?

J’ai beaucoup appris sur la manière de faire des affaires des entreprises ibériques et latino-américaines, j’ai surtout beaucoup appris de mes propres camarades de classe qui venaient de parcours universitaires très différents du mien, et qui ont beaucoup contribué pendant les cours, suivant leurs différentes disciplines et connaissances.

Pouvez-vous nous raconter comment s’est déroulé votre premier stage post Master et en quoi a-t-il été bénéfique dans votre vie professionnelle ?

Au cours de ma deuxième année de Master, au deuxième semestre, j’ai eu l’opportunité de partir en Chine étudier le mandarin. J’ai parlé avec les personnes chargées du Master, et j’ai pu convenir avec eux la possibilité de faire mon stage de fin de Master 2 en Chine. En arrivant en Chine, j’ai connu une entreprise mexicaine qui fabriquait des bonbons traditionnels mexicains en Chine, et les exportait au Mexique. Cette entreprise a attiré beaucoup mon attention, car je me suis rendue compte que Chine dominait même la fabrication de produits qu’on croirait locaux au Mexique.

C’est là que j’ai eu l’opportunité pendant l’été 2007, de découvrir une entreprise import-export basée dans un des grands ports de la Côte Est de la grande Chine continentale : Xiamen. C’est pendant ce stage que j’ai acquis beaucoup de connaissances sur comment trouver et contacter les usines chinoises, j’ai acquis des connaissances au niveau de marketing de produits, et j’ai aussi appris à créer des liens entre différentes manières de travailler, et à  réagir aux différents problèmes suivant un point de vue 100% international du Mexique à la Chine.

Cette expérience m’a motivée à prendre la décision de poursuivre mes études de chinois en Chine pendant une année de plus, et m’a fait développer un fort attachement pour la région asiatique.  Cette expérience m’a aussi fait découvrir le savoir-faire de créer des liens entre cultures, qui pourraient paraitre tellement lointaines et différentes, à première vue.

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Vous habitez aujourd’hui à Taipei, comment en êtes-vous arrivé là ? Quel post occupez-vous ?

Après avoir vécu en Chine continentale de 2007 à 2009, je suis rentrée en Colombie, où j’ai travaillé pendant deux ans et demi comme Coordinatrice d’échanges internationaux dans la deuxième université publique plus importante de la Colombie: l’Université d’Antioquia. Là j’étais le lien entre les étudiants étrangers qui arrivaient en échange, et les étudiants locaux qui partaient en échange dans différentes universités partenaires internationales. Dans ce poste, j’ai aussi pu participer à l’inauguration du premier Institut Confucius de la ville de Medellin. Ainsi, j’ai pu aussi stimuler l’apprentissage du mandarin et la curiosité pour l’Asie des étudiants.

En 2012, j’ai obtenu une bourse de gouvernement de Taiwan pour faire des études de Master en Etudes internationales à  l’Université de Sciences – Politiques de Taiwan : 國立政治大學. Je me suis dit que ce serait une bonne opportunité pour acquérir des connaissances plus approfondies de l‘ Asie en générale, et de  l’ « autre » Chine : Taiwan, que je ne connaissais pas du tout.

J’ai obtenu mon diplôme de Master en 2014, et j’ai continué mes études de mandarin, car je voulais rester travailler à Taipei. Au cours de l’année 2015, j’ai participé dans différents projets d’échanges culturels, j’ai même créé un blog où je raconte mon expérience de vie à Taiwan: https://culturacomundiferente.blogspot.tw, et j’ai commencé  à participer dans différents événements et réunions du Centre d’Etudes d’Amérique Latine, de l’université où je suis professeure actuellement. C’est là que j’ai pu connaître des taïwanais, très intéressés en Amérique Latine, et intéressés à encourager les étudiants locaux à apprendre l’espagnol, et à s’intéresser pour une région qui offre d’énormes opportunités.

En février 2016, j’ai commencé à travailler officiellement dans cette université. Je suis professeure de langues: anglais et espagnol, en même temps que je suis membre et Assistante de Recherche du Centre d’Etudes d’Amérique Latine.

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Quels sont les enjeux que vous percevez entre Taipei et l’Amérique Latine? Avez-vous développé des projets entre ces deux régions ?

Il y a beaucoup de liens entre Taiwan et l’Amérique Latine, surtout parce qu’une partie des quelques alliés diplomatiques de Taiwan qui restent dans le monde, sont en Amérique centrale ou du Sud : Honduras, El Salvador, Nicaragua, Belize, Guatemala, République Dominicaine, Paraguay, et jusqu’à récemment Panama.

Je pense que le principal enjeu entre l’Amérique Latine et Taiwan c’est la diffusion d’information approfondie sur les opportunités qu’il y a dans ces régions, et la possibilité d’établir des échanges de coopération dans différents domaines. Actuellement, il y a beaucoup de projets où Taiwan est le principal investisseur dans le domaine agricole de ces pays alliés. Cependant, la culture – ou les cultures- de ces différents pays restent encore méconnues à Taiwan, et le Centre d’études latino-américaines  a comme mission de diffuser information académique, actuelle, claire, réelle de la région pour encourager des liens et des échanges plus dynamiques, malgré la distance entre ces deux régions.

Quels sont vos conseils pour les futurs étudiants ?

Quelques mots pour les futurs étudiants du Master 2 Entreprises et Echanges internationaux,  aire ibérique et latino-américaine: je pense que comme moi, au début, vous pourrez être un peu déboussolés sur les possibles débouchés de ce Master. Je pense, que les connaissances acquises pendant ce Master vous permettront de trouver le domaine d’application, où vous pourrez surement vous épanouir professionnellement et personnellement.

Je suis convaincue que les programmes de Master spécialisés dans une région spécifique, comme celui-ci, sont essentiels pour comprendre que même si les frontières au niveau commercial n’existent plus, le défis le plus important pour nous, la nouvelle génération, c’est de réussir à écrouler les frontières mentales et culturelles, de créer une conscience de responsabilité globale humaine, dans le but de contribuer à résoudre les problèmes actuels, et de parvenir à achever un développement durable à échelle mondiale.

Tous nos remerciements à Silvia Medina pour son temps et son amabilité.
L’équipe SEMILA

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