Le réveil du Chili

Mano del desierto (Antofagasta, Chile)

Le contexte social actuel au Chili a été soudainement bouleversé par un désir d’égalité populaire. La transition démocratique surevnue après la dictature Pinochet (1973-1990) a été portée par des années faste pour l’économie grâce à l’ouverture du pays vers l’extérieur et à la libéralisation de l’économie nationale. Une forte croissance économique [France Diplomatie] lors des deux dernières décennies a notamment permis au pays d’acquérir une place importante dans le contexte latino-américain. Le Chili, souvent qualifié comme « la région la plus développée de l’Amérique latine », par les latinos, a misé tout ses efforts sur la consolidation de cette position économique. Au détriment de la politique sociale.

La libéralisation de l’économie chilienne a eu comme conséquence principale la privatisation des services de santé, d’éducation et de retraite. Les derniers mois, spécialement tendus, ont ajouté une couche au mécontentement national. Les chiliens se sont montrés fortement opposés à l’Accord de partenariat transpacifique (TPP 11), voté et approuvé par la Chambre des Députés en avril 2019. Cet accord prévoit une réduction des taxes entre les pays signataires pour favoriser les échanges commerciaux, et ce malgré l’existence déjà d’accords bilatéraux entre le Chili et de nombreux pays. Si un tel projet s’inscrit bien dans une démarche d’ouverture du marché à la chilienne il a été critiqué pour son impact environnemental. Ses opposants doutent également des bienfaits du TPP 11 pour les plus pauvres.

Un sentiment d’abandon s’est progressivement installé au coeur de la population chilienne. Celle-ci estime ne pas avoir assez bénéficié des retombées du système libéral via, par exemple, le renforcement des politiques sociales. Le projet de hausse du prix du métro a été la goutte qui a fait déborder le vase. Les inégalités sociales et les demandes négligées de la société civile se sont transformées en véritable poudrière sociale difficile d’éteindre en urgence pour le pouvoir.

Presque 30 ans après la sortie de la dictature politique, le Chili fait face aujourd’hui à sa plus grave crise démocratique. Le défi du président Sebastián Piñera est majeur : conjuguer croissance économique et attentes sociales. C’est sa seule issue de crise possible.

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